Infection à E. coli producteurs de Shiga-toxines (STEC) « Maladie du hamburger »

Problématique

L’infection à E. coli producteurs de Shiga-toxines (STEC) est une toxi-infection le plus souvent d’origine alimentaire. Elle est communément appelée « maladie du hamburger » parce qu’elle a été associée à la consommation de bœuf haché mal cuit. Toutefois, d’autres cas d’infection à STEC ont été associés à des produits laitiers non pasteurisés, à divers produits frais comme les fruits et les légumes crus (ex. : graines germées, laitue, épinards), à du jus ou du cidre de pomme non pasteurisé et de l’eau non traitée.

Cette infection est relativement rare dans notre population. Cependant, elle peut causer une maladie grave, des complications et des séquelles. Elle peut également être responsable d’éclosion de grande ampleur. En Allemagne en 2011, une éclosion, associée vraisemblablement à la consommation de graines germées contaminées, a causé environ 4000 cas et 40 décès.

  • Dans la région de Montréal, pour les 7 dernières années, une moyenne de 25 cas d’infection à STEC par année a été déclarée, pour une incidence moyenne de 1,3 cas par 100 000 personnes par année.
  • Le nombre de cas par année et l’incidence ont été progressivement à la baisse depuis 2007; en 2007, 36 cas ont été déclarés (pour une incidence de 1,9 cas par 100 000 personnes par année) alors que pour l’année 2010, 10 cas l’ont été (0,5 cas par 100 000 personnes par année). Le nombre de cas et l'incidence ont augmenté à nouveau depuis 2011 pour atteindre en 2013 un total de 37 cas (pour une incidence de 1,9 cas par 100 000 personnes par année). Cette dernière augmentation peut être attribuée, au moins en partie, à l'utilisation de nouveaux tests diagnostiques pour l'identification des souches STEC non O157:H7 (test d'amplification des acides nucléiques - TAAN).
  • L’infection à STEC peut affecter les personnes en bonne santé de tout âge mais elle constitue un risque plus élevé de complications pour certaines personnes plus vulnérables, comme :
    • les enfants âgés de moins de 5 ans;
    • les femmes enceintes;
    • les personnes âgées de 60 ans et plus;
    • les personnes immunodéprimées (ex. : cancer, traitement immunodépresseur).
  • L’infection à STEC peut se compliquer d’un syndrome hémolytique et urémique (SHU) surtout chez les enfants et les personnes âgées.
    • ce syndrome comprend une anémie hémolytique, une thrombocytopénie et une insuffisance rénale et se produit dans 5 à 15% des cas d’infection à STEC.
    • environ 3 à 5% des personnes souffrant d’un SHU vont en mourir.
    • le SHU constitue la cause principale d’insuffisance rénale chez les enfants.
  • Généralement, l’ensemble des manifestations de l’infection à STEC cause une létalité d’un peu moins de 1%.

Globalement, la prévention de l’infection à STEC repose sur l’action de plusieurs partenaires. Elle suppose, par exemple, la mise en place de mesures préventives par les gouvernements (ex. : salubrité alimentaire), par l’industrie de fabrication et de transformation des aliments et, également, par les consommateurs, incluant les personnes vulnérables. Les éléments suivants constituent des exemples concrets :

  • La sensibilisation des abattoirs et des établissements alimentaires de transformation à la mise en place d’un programme de contrôle et de maîtrise de la contamination des aliments par le STEC appelé programme HACCP (Hazard analysis and critical control points);
  • Les campagnes d’information au grand public effectuées à chaque année par le Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ);
  • L’adoption, par tous les consommateurs, de techniques sécuritaires de sélection, de manipulation et de cuisson des aliments (ex. : éviter la contamination croisée, éviter la consommation de bœuf haché saignant, consommer des produits laitiers pasteurisés).