Infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH)

Problématique

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est transmissible sexuellement et par le sang. Cette infection est souvent asymptomatique et une fois contractée, l’infection persiste toute la vie. Bien que la maladie demeure incurable, la multithérapie antirétrovirale a permis de diminuer de façon importante l’incidence des infections opportunistes, des hospitalisations et des décès. Le traitement doit toutefois être pris pour la vie et peut s’accompagner d’effets secondaires pour le patient. Cette infection peut augmenter les risques de contracter ou de transmettre une autre ITS.

> Catégories d’exposition pour les cas déclarés – données du programme provincial de surveillance
Entre 2002 et 2009, 1855 cas nouvellement diagnostiqués d’infection par le VIH ont été déclarés pour la région de Montréal. Parmi ces cas, 82,3% étaient de sexe masculin.

Chez les hommes :

  • les HARSAH représentent la plus grande proportion des cas (71,7%). S’y ajoutent 3% des cas qui sont à la fois HARSAH et UDI;
  • les hommes originaires d’un pays où le VIH est endémique représentent 9,2% des cas;
    • principalement originaires d’Haïti et d’Afrique sub-saharienne;
  • les UDI représentent 9,2% des cas (si on tient compte de ceux qui sont à la fois HARSAH et UDI).

Chez les femmes :

  • près de 60% sont originaires d’un pays endémique pour le VIH;
    • principalement originaires d’Afrique sub-saharienne et d’Haïti;
  • 13,5% ont été infectées par un partenaire hétérosexuel masculin à risque élevé (ex. UDI, originaire d’un pays endémique pour le VIH, etc.);
  • les UDI représentent 11,9% des cas déclarés.

Les 15 cas de transmission mère-enfant sont préoccupants, même si, d’après les données du programme de surveillance, la grande majorité d’entre eux sont présumés avoir été infectés avant leur arrivée au Canada.

La répartition des cas par catégorie principale d’exposition est différente si on regarde l’ensemble des cas diagnostiqués (cas anciens et nouvellement diagnostiqués) au lieu de seulement les cas nouvellement diagnostiqués. Pour la période 2002 à 2009, on observe une proportion plus élevée de personnes UDI :

  • chez les hommes : 11,6% des cas sont UDI et 4,7% sont HARSAH et UDI;
  • chez les femmes : 17,5% sont UDI.

Il y aurait une surreprésentation des personnes UDI parmi les cas «anciens», ce qui suggère que de nombreuses personnes UDI infectées auraient d’abord été dépistées dans un contexte n’entraînant pas de déclaration au programme de surveillance.

> Dépistage antérieur chez les cas nouvellement diagnostiqués selon la catégorie d’exposition (avril 2002 à décembre 2008)
D’après les données recueillies par le programme de surveillance, aucun dépistage antérieur VIH n’est rapporté par 59,4% des cas, soit :

  • 42,7% des cas HARSAH;
  • 47,8% des cas HARSAH et UDI;
  • 88,1% des cas originaires d’un pays où le VIH est endémique;
  • 73,6% des cas UDI.

Parmi les cas de VIH nouvellement diagnostiqués qui ont été rapportés au système provincial de surveillance, une grande proportion n’avait jamais eu de dépistage VIH avant celui ayant mené à la déclaration. Cette proportion est particulièrement élevée chez les personnes originaires de pays où le VIH est endémique et chez les personnes UDI.

> L’infection par le VIH chez les personnes UDI – données de SurvUDI
D’après les données montréalaises du réseau SurvUDI :

  • Environ 1 personne UDI sur 5 est infectée par le VIH (taux de prévalence : 18%);
  • Chaque année, sur 100 personnes qui n’étaient pas infectées par le VIH, 3 le deviennent (taux d’incidence de 3,3 par 100 personnes-années);
  • 92% des personnes UDI ont déjà été dépistées pour le VIH dans leur vie;
  • 57% ont été dépistées dans les 6 mois précédents;
  • Parmi les personnes UDI infectées : 26% ne sont pas au courant de leur infection;
  • Parmi les personnes UDI infectées qui le savent :
    • 85% ont vu un médecin dans les 6 mois précédents pour leur infection;
    • 51% ont pris des médicaments pour leur infection au VIH dans les six mois précédents;
  • La plupart des personnes UDI infectées par le VIH ont également des anticorps contre le VHC.

Près de 20% des personnes UDI sont infectées par le VIH et la transmission continue activement. Cependant, le dépistage n’est pas réalisé assez fréquemment et plusieurs personnes infectées l’ignorent. Une proportion élevée des cas ont vu un médecin récemment pour leur infection, mais seulement un sur deux prend des médicaments pour la contrôler. La co-infection par le VIH et le VHC doit être prise en compte dans le suivi des personnes UDI.

> L’infection par le VIH chez les HARSAH – données d’ARGUS
D’après les données montréalaises de l’enquête ARGUS 2008 :

  • Près d’un HARSAH sur sept est infecté par le VIH (prévalence : 15,0%);
    • 27% chez ceux s’étant déjà injectés;
    • 14% chez ceux ne s’étant jamais injectés;
  • 91% des HARSAH ont déjà été dépistés pour le VIH dans leur vie;
  • 61% ont été dépistés pour le VIH dans les 12 mois précédents;
  • Parmi les HARSAH infectés : 13% n’étaient pas au courant de leur infection;
  • Parmi les HARSAH qui se savent infectés par le VIH :
    • 80% ont déjà pris des médicaments contre le VIH dans leur vie;
    • 76% prenaient des médicaments contre le VIH lors de l’enquête.

Environ un HARSAH sur sept est infecté par le VIH. Cependant, le dépistage est peu fréquent et plusieurs HARSAH infectés l’ignorent. Parmi les HARSAH infectés qui le savent, environ deux sur trois prennent des médicaments pour contrôler leur infection.

> L’infection par le VIH dans les communautés ethnoculturelles – données d’études
Les Québécois d’origine haïtienne

  • Une étude réalisée en 1995-1996 a montré un taux de prévalence du VIH de 1,3% :
    • 1,6% chez les hommes;
    • 1,1% chez les femmes;
  • Une étude réalisée en 2007-2008, avec une proportion beaucoup plus élevée de personnes nées au Canada, a montré un taux de prévalence du VIH de 0,3%. Les personnes infectées étaient nées en Haïti;
  • Les deux études montrent que les personnes récemment immigrées sont les plus susceptibles d’être infectées par le VIH.

Les résultats des deux études réalisées auprès des Québécois d’origine haïtienne montrent que le VIH reste un problème de santé publique dans cette communauté, particulièrement chez les immigrants récents.

> L’infection par le VIH chez les femmes enceintes – données du CMIS
Le Centre maternel et infantile sur le sida (CMIS) du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine a suivi 801 femmes enceintes infectées par le VIH entre juillet 1997 et décembre 2009. L’ origine ethnique de ces femmes est la suivante :

  • 47% sont d’origine africaine;
    • cette proportion a augmenté à travers les années (de 24% en 1997 à environ 55% depuis 2004);
    • parmi les 29 femmes d’origine africaine diagnostiquées en 2009, la plupart ont été diagnostiquées durant l’année suivant leur arrivée au Canada;
  • 25% sont d’origine caucasienne;
  • 20% sont d’origine haïtienne;
    • parmi les 15 femmes d’origine haïtienne diagnostiquées en 2009, 6 l’ont été bien après leur arrivée au Canada, suggérant une acquisition dans ce pays.

Les femmes d’origine africaine et haïtienne sont nettement surreprésentées parmi les femmes enceintes atteintes par le VIH.

> L’infection par le VIH chez les jeunes en difficulté – données d’une étude
Jeunes de la rue
D’après une étude de cohorte menée auprès de 858 jeunes de la rue entre 2001 et 2004 :

  • Environ 1 jeune de la rue sur 100 est infecté par le VIH (prévalence : 0,9%) :
    • chez ceux qui se sont déjà injectés : 2,0%;
    • chez ceux qui ne se sont jamais injectés : 0%;
  • Chaque année, parmi 100 jeunes de la rue non infectés par le VIH, environ 1 devient infecté (incidence : 0,8 par 100 personnes-années).

L’injection de drogues joue un rôle important dans la transmission du VIH chez les jeunes de la rue. La transmission sexuelle y contribue également.