
Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) est transmissible sexuellement et par le sang. Cette infection est souvent asymptomatique et une fois contractée, l’infection persiste toute la vie. Bien que la maladie demeure incurable, la multithérapie antirétrovirale a permis de diminuer de façon importante l’incidence des infections opportunistes, des hospitalisations et des décès. Le traitement doit toutefois être pris pour la vie et peut s’accompagner d’effets secondaires pour le patient. Cette infection peut augmenter les risques de contracter ou de transmettre une autre ITS.
> Catégories d’exposition pour les cas déclarés – données du programme provincial de surveillance
Entre 2002 et 2009, 1855 cas nouvellement diagnostiqués d’infection par le VIH ont été déclarés pour la région de Montréal. Parmi ces cas, 82,3% étaient de sexe masculin.
Chez les hommes :
Chez les femmes :
Les 15 cas de transmission mère-enfant sont préoccupants, même si, d’après les données du programme de surveillance, la grande majorité d’entre eux sont présumés avoir été infectés avant leur arrivée au Canada.
La répartition des cas par catégorie principale d’exposition est différente si on regarde l’ensemble des cas diagnostiqués (cas anciens et nouvellement diagnostiqués) au lieu de seulement les cas nouvellement diagnostiqués. Pour la période 2002 à 2009, on observe une proportion plus élevée de personnes UDI :
Il y aurait une surreprésentation des personnes UDI parmi les cas «anciens», ce qui suggère que de nombreuses personnes UDI infectées auraient d’abord été dépistées dans un contexte n’entraînant pas de déclaration au programme de surveillance.
> Dépistage antérieur chez les cas nouvellement diagnostiqués selon la catégorie d’exposition (avril 2002 à décembre 2008)
D’après les données recueillies par le programme de surveillance, aucun dépistage antérieur VIH n’est rapporté par 59,4% des cas, soit :
Parmi les cas de VIH nouvellement diagnostiqués qui ont été rapportés au système provincial de surveillance, une grande proportion n’avait jamais eu de dépistage VIH avant celui ayant mené à la déclaration. Cette proportion est particulièrement élevée chez les personnes originaires de pays où le VIH est endémique et chez les personnes UDI.
> L’infection par le VIH chez les personnes UDI – données de SurvUDI
D’après les données montréalaises du réseau SurvUDI :
Près de 20% des personnes UDI sont infectées par le VIH et la transmission continue activement. Cependant, le dépistage n’est pas réalisé assez fréquemment et plusieurs personnes infectées l’ignorent. Une proportion élevée des cas ont vu un médecin récemment pour leur infection, mais seulement un sur deux prend des médicaments pour la contrôler. La co-infection par le VIH et le VHC doit être prise en compte dans le suivi des personnes UDI.
> L’infection par le VIH chez les HARSAH – données d’ARGUS
D’après les données montréalaises de l’enquête ARGUS 2008 :
Environ un HARSAH sur sept est infecté par le VIH. Cependant, le dépistage est peu fréquent et plusieurs HARSAH infectés l’ignorent. Parmi les HARSAH infectés qui le savent, environ deux sur trois prennent des médicaments pour contrôler leur infection.
> L’infection par le VIH dans les communautés ethnoculturelles – données d’études
Les Québécois d’origine haïtienne
Les résultats des deux études réalisées auprès des Québécois d’origine haïtienne montrent que le VIH reste un problème de santé publique dans cette communauté, particulièrement chez les immigrants récents.
> L’infection par le VIH chez les femmes enceintes – données du CMIS
Le Centre maternel et infantile sur le sida (CMIS) du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine a suivi 801 femmes enceintes infectées par le VIH entre juillet 1997 et décembre 2009. L’ origine ethnique de ces femmes est la suivante :
Les femmes d’origine africaine et haïtienne sont nettement surreprésentées parmi les femmes enceintes atteintes par le VIH.
> L’infection par le VIH chez les jeunes en difficulté – données d’une étude
Jeunes de la rue
D’après une étude de cohorte menée auprès de 858 jeunes de la rue entre 2001 et 2004 :
L’injection de drogues joue un rôle important dans la transmission du VIH chez les jeunes de la rue. La transmission sexuelle y contribue également.