Activité physique en milieu scolaire

Stratégies - Maximiser le potentiel des récréations

La récréation constitue une excellente occasion pour favoriser la santé par la pratique de l'activité physique en contribuant de façon significative au développement physique, social et intellectuel de l'enfant. Les écoles qui présentent deux récréations d'une durée de 30 minutes par jour permettent à leurs élèves d'être physiquement actif 30 minutes par jour et de favoriser significativement l'atteinte de la recommandation de pratique.

Selon une enquête de la DSP de Montréal (2.5 Mo)   (2000), 49 % des écoles publiques de l'île de Montréal offraient deux périodes de récréations par jour. La durée moyenne du temps de récréation était de 22 minutes par jour.

Pour l'année scolaire 2006-2007, la CSDM a donné un certain nombre de balises aux écoles à considérer pour la confection de leur horaire. Parmi celles-ci figure l'obligation d'intégrer deux récréations par jour de 15 minutes.

Voici deux argumentaires pour sensibiliser la direction ou le Conseil d'établissement de l'école à l'importance de la récréation :

Une « récré » c’est bien… Mais deux c’est mieux ! Une cour d’école bien gérée est lieu de convergence, où plaisir, apprentissage, action et interaction cohabitent.

L’argumentaire porte sur l’importance du maintien de deux périodes de récréation par jour, ainsi que le développement d’une gestion de la cour d’école axée sur la pratique de l’activité physique. Les stratégies prometteuses pour l’atteinte de ces objectifs peuvent se concrétiser par la création ou l’amélioration d’environnements favorables et par l’optimisation des diverses occasions de pratique qui s’offrent aux jeunes.

  1. L’école : un environnement propice à la pratique de l’activité physique

    La place qu’occupe l’école dans l’environnement du jeune est considérable, vu le temps passé par ce dernier en ces lieux. L’école doit donc jouer un rôle majeur en matière de pratique d’activité physique des jeunes (1) et plusieurs possibilités lui sont offertes. Parmi ces possibilités, les récréations constituent d’excellentes occasions pour favoriser la santé par la pratique de l’activité physique et la cour d’école est, par ailleurs, l’endroit idéal et universel pour faire bouger les jeunes. Ces possibilités contribuent de façon significative au développement physique, social et intellectuel de l’enfant. (2,3)

  2. La récréation et la cour d’école : des occasions universelles de pratique de l’activité physique à considérer

    Rester assis sur une chaise pendant de longs moments au cours de la journée de classe est une chose qu’impose notre société. Heureusement, les récréations, périodes universelles, permettent à tous les élèves sans exception de se détendre, d’entrer en interrelation avec leurs pairs, mais surtout de jouer et de s’amuser et ce, dans la cour d’école. L’enfant y fait de l’exercice physique essentiel à sa croissance, à son développement, à sa motricité et à sa santé. (5)

    Le Régime pédagogique québécois prescrit, à l’article 17 de la section III, deux périodes de repos par jour, une le matin et une seconde l’après-midi, sans toutefois en fixer la durée. (6) Traditionnellement au Québec, les établissements d’enseignement offrent à leurs élèves deux périodes d’environ 15 minutes de récréation par jour. (7)

    Toutefois, on constate que de plus en plus d’écoles éliminent la récréation de l’après-midi. C’est le cas de Montréal, où une enquête menée en 2000 par la Direction de santé publique révèle que 51 % des écoles primaires publiques de l’Île de Montréal n’offrent qu’une seule période de récréation par jour. Selon cette même étude, les principales raisons pour n’accorder qu’une seule période de récréation quotidienne sont, principalement, le temps trop long que prennent les enfants pour se préparer, l’horaire de cours trop chargé ainsi que la contrainte liée au transport scolaire. (8)

    La littérature, ainsi que l’expérience, révèlent que le manque d’espace et la violence dans la cour d’école, ayant un effet sur la gestion de classe, sont aussi des éléments qui favorisent l’abolition de périodes de récréation. La grille horaire trop courte de l’après-midi figure aussi parmi les raisons mentionnées.

    On remarque également qu’en milieu socio économiquement défavorisé, les cours d’éducation physique et les récréations représentent souvent les seuls moments où les jeunes peuvent s’adonner à une pratique d’activité physique avec leurs pairs. La récréation ne remplace pas le cours d’éducation physique. À la différence de celui-ci, la récréation laisse libre cours au choix des activités, ainsi que des partenaires avec qui le jeune souhaite interagir, ce qui lui procure un sentiment d’importance, de pouvoir. (9, 10)

    Dans une perspective d’interactions sociales, les périodes de récréation, ainsi que le temps passé dans la cour d’école, permettent également aux jeunes de développer des habiletés en termes de résolution de conflit, de coopération, de respect des règles, de contrôle de l’agressivité, de partage, de communication verbale, de leadership ainsi que de résolution de problème dans des situations bien concrètes. (11,12,13,14) Par ailleurs, il a été démontré que lorsque l’on mène une gestion de la cour d’école et que l’on structure les périodes de récréation en offrant aux jeunes des activités qu’ils ont choisies, on remarque un effet favorable sur le comportement de ces derniers. Ils ont effectivement moins de comportements inadéquats dans la cour. (15)

    Les périodes de récréation peuvent contribuer à la réussite scolaire; pour favoriser son attention et sa concentration, un enfant a un besoin constant de vivre de la nouveauté. (16) Les récréations viennent ici jouer un rôle de transition entre des périodes d’apprentissage. Elles proposent donc un changement dans le rythme de la journée et permettent aux jeunes de libérer leur énergie. Une étude, menée auprès d’enfants du primaire, a démontré qu’en classe, ces derniers perdent progressivement leur attention lorsque l’on retarde la période de récréation. (17) D’autres chercheurs révèlent, dans une étude menée auprès d’élèves de quatrième année, que ceux-ci ont une meilleure concentration à la tâche et sont moins agités en classe après avoir bénéficié d’une période de récréation. (18)

    Le contexte familial actuel, le travail à l’extérieur du domicile, le sentiment d’insécurité dans certains quartiers, le manque de soutien communautaire, font en sorte qu’au retour de l’école, de plus en plus d’enfants qui se retrouvent seuls, demeurent à la maison et s’adonnent à des activités plus passives. C’est particulièrement le cas de plusieurs élèves de cinquième et sixième qui ne fréquentent pas le service de garde. Les statistiques sont éloquentes en matière de loisirs passifs. Elles révèlent, entre autres, que les jeunes Québécois de langue française, âgés de 2 à 17 ans, passent près de 15 heures par semaine devant le téléviseur. Ces données ne font aucunement état du temps consacré à l’ordinateur ou aux jeux vidéo. (19)

    Dans la pratique de l’activité physique, les jeunes recherchent le plaisir que leur procure cette activité. Lorsque survient la perte de plaisir, on remarque alors un désengagement face à la pratique. Dans l’évolution du jeune, le jeu joue un rôle très important en le stimulant et en l’aidant à explorer le monde des adultes. À travers le jeu, l’enfant apprend certaines règles sociales en termes de communication verbale, de négociation et de coopération. L’enfant développe également son estime de soi et apprend à faire face au stress. (20) La cour d’école s’avère un lieu propice pour laisser libre cours au jeu.

  1. DIRECTION DE SANTÉ PUBLIQUE DE MONTRÉAL-CENTRE. Proposition du directeur de santé publique au milieu scolaire pour contrer le désengagement des jeunes face à la pratique d’activités physiques. 2001.
  2. COUNCIL ON PHYSICAL EDUCATION FOR CHILDREN. Recess in Elementary Schools, article en ligne, July 2001.
  3. NATIONAL ASSOCIATION OF EARLY CHILDHOOD SPECIALISTS IN STATE DEPARTMENTS OF EDUCATION (NAECS/SDE ). Recess and the Importance of Play : A Position Statement on Young Children and Recess. Article en ligne. 2002.
  4. PELLEGRINI, A.D. & DAVIS, P.D. Relation between children’s playground and classroom behaviour. British Journal of Educational Psychology. 1993.
  5. LABERGE, B. Bulletin Côté cour. Octobre 2004.
  6. ÉDITEUR OFFICIEL DU QUÉBEC. Régime pédagogique de l'éducation préscolaire, de l'enseignement primaire et de l'enseignement secondaire. Version électronique de décembre 2004.
  7. LESSARD, PHILIPPE. La cour d’école pour redécouvrir le plaisir d’être actif. Les actualités du cœur, FMCQ, Automne 2002.
  8. DIRECTION DE SANTÉ PUBLIQUE DE MONTRÉAL-CENTRE. Les enfants montréalais et l’activité physique à l’école primaire. Synthèse d’enquête, 2001.
  9. CLEMENTS, R. & JARRETT, O.S. Elementary school recess : Then and now – “Streamlined seminar, vol. 18, number 4, june 2000.
  10. JARRETT, O.S. Recess in Elementary School : What Does the Research Say ? July 2002.
  11. CLEMENTS, R. & JARRETT, O.S. Elementary school recess : Then and now – “Streamlined seminar,vol. 18, number 4, june 2000.
  12. COUNCIL ON PHYSICAL EDUCATION FOR CHILDREN. Recess in Elementary Schools, article en ligne, July 2001.
  13. JARRETT, O.S. Recess in Elementary School : What Does the Research Say ? July 2002.
  14. DIRECTION DE SANTÉ PUBLIQUE DE MONTRÉAL-CENTRE. Proposition du directeur de santé publique au milieu scolaire pour contrer le désengagement des jeunes face à la pratique d’activités physiques. 2001.
  15. CHEVALIER, S. & BEAUDET, N. Évaluation du projet École St-Enfant Jésus. Direction de santé publique de Montréal. Juin 1997.
  16. PELLEGRINI, A.D. & DAVIS, P.D. Relation between children’s playground and classroom behaviour. British Journal of Educational Psychology. 1993.
  17. PELLEGRINI, A.D. & DAVIS, P.D. Relation between children’s playground and classroom behaviour. British Journal of Educational Psychology. 1993.
  18. JARRETT, O.S.& AL. Impact of recess on classroom behavior : Group effects and individual differences. Journal of Educational Research, vol. 92 no. 2. nov. 1998.
  19. STATISTIQUE CANADA. Nombre moyen hebdomadaire d’heures d’écoute de la télévision. Le Canada en statistiques. 2002.
  20. PATRICK, T. Play : An important Component of Preventive Behavior Management. Texte de conférence. The Annuel Conference of the Southern Early Childhood Association. March 96.

Ressources en lien avec la récréation :


Dernière mise à jour : 06 décembre 2011

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